Du nouveau et du presque fini

Une partie de la famille Orange-Nassau ; tous les enfants n’ont pas survécu. Peint par Abraham van den Tempel.

Une nouvelle saison, de nouvelles expositions et autres manifestations. Cela n’arrête jamais, et cette année, on dirait que c’est vraiment parti sur les chapeaux de roues. Pour ce rapide survol, on zigzague d’Ouest en Est, et du Nord au Sud…

Et en même temps, il y a des expos qui se terminent, où il faut se précipiter avant qu’il ne soit trop tard. A Amsterdam, il y a Chillida au Rijksmuseum (jusqu’au 23 septembre ; je vous en ai déjà parlé ; « KWAB », au même musée,

Latifah Echakch, Sensory Spaces 14, Musée Boijmans-Van Beuningen

sur le design au XVIIe siècle, se termine dans quelques jours ), à Rotterdam au musée Boijmans-Van Beuningen, vous aurez jusqu’à la fin du mois pour voir le design très contemporain « Hot Glue », cette « colle brulante » conçue par Bertjan Pot, ainsi que « Sensory Spaces 14 », de Latifa Echakhch, cette artiste franco-suisse-marocaine qui fait des œuvres qu’on peut regarder à plusieurs niveaux. Simples au premier abord, puis hautement symboliques quand on y regarde (et y réfléchit) de près.

De ces trois expositions (et de quelques autres), je vous ai déjà parlé dans mon blog précédent, « Le design à travers les siècles », où vous trouverez tous les détails pratiques.

Une petite parenthèse ici sur une exposition qui n’est pas du tout aux Pays-Bas, mais à Aix-en-Provence, et qui m’a enchantée. Vous avez encore une bonne semaine pour y aller, si vous êtes dans la région : Il s’agit de « Nicolas de Staël en Provence », à l’Hôtel de Caumont. Ces derniers jours, l’expo sera ouverte tous les jours jusqu’à 19 heures, et ça vaut drôlement le coup, croyez-moi. Nicolas de Staël était un peintre célèbre en son temps (1914 – 1955), et encore durant au moins une dizaine d’années après. Mais depuis, c’est le silence, et c’est extrêmement dommage, car s’il y a un peintre plein de talent, c’est bien Nicolas de Staël, qui s’est suicidé alors qu’il était au faîte de son succès, qu’il était demandé partout….

Cette exposition, qui montre 71 tableaux qu’il a peint durant ses séjours en Provence, est une véritable explosion de couleurs. Les formes sont de plus en plus abstraites, si bien que l’attention n’est aucunement détournée des couleurs et des compositions. Pour les détails pratiques, cliquez ici.

Nouvelles expos

Et maintenant, le nouveau. Pour cela, retournons dans nos provinces du Nord…

Il y a des expositions qui ont déjà commencé, et d’autres vont s’ouvrir incessamment. Les expos déjà ouvertes : les esquisses à l’huile de Rubens (Boijmans-Van Beuningen) ; je ne les ai pas encore vues et je vous en reparlerai, mais ce que j’en ai vu en reproduction est tout à fait étonnant de vivacité.

Il y en a deux autres, chacune à un bout du pays, qui chacune raconte surtout des histoires.

Les «people » d’antan

Le Rijksmuseum Twenthe, tout à l’Est, en bordure de la frontière allemande, est un petit musée (mais avec une grande collection) dont je vous ai dit déjà beaucoup de bien à plusieurs reprises. Actuellement, on vous y raconte des histoires de famille.

Pas besoin de connaître ces familles pour s’y intéresser. Parfois, il s’agit de familles « à histoires » que les portraits trahissent ‑ ou s’efforcent de cacher, mais dans ces cas-là, ce sont les techniques modernes et en particulier la radio les mettent à nu, inexorablement… Dans d’autres cas, ce sont les tableaux, eux, qui ont « une histoire » ‑ tels ces portraits de deux parents et de leur fille qui ont été cruellement séparés par le sort (les ventes successives qui les ont fait aboutir, l’un au Rijksmuseum à Amsterdam et les deux autres au RMT) et qui, pour la première fois, se retrouvent réunis ici. Dans d’autres cas encore, des portraits racontent « l’histoire » d’une famille…les morts (les petits anges dans le ciel), les personnages très pâles…. les remariages (un homme peut être accompagné de ses deux ou trois femmes successives)…  les différentes générations (qui ne se sont pas toujours connues)… En somme, on se retrouve à épier les « people » du XVIIe siècle…Et c’est drôlement rigolo.

« Lief & Leed » (« Bonheur et Malheur »), RMT, Enschede, pour les details pratiques, cliquez ici. Le guide audio existe en néerlandais, anglais et allemand.

 

Les Romains chez les Bataves

Un autre musée national ou « rijksmuseum », le RMO ou Musée national des Antiquités (à Leiden ou Leyde, à mi-chemin entre La Haye et Amsterdam, donc dans l’Ouest du pays) nous raconte des histoires d’une autre époque. Ces dernières années, ce vieux musée (bicentenaire, s’il vous plaît) a été entièrement réorganisé, si bien que la collection permanente est exposée de manière à raconter non seulement l’histoire, mais aussi DES histoires, qui se déroulent dans des lieux et des temps précis.

Bassin romain, utilisé au 3e siècle comme urne funéraire. découverte récente. RMO.

La dernière époque à avoir été remaniée ainsi, est l’époque romaine, en tout cas celle de ce qu’on appelait les LIMES : la frontière nord, celle qui traversait les Pays-Bas actuels. Les Frisons, tout au Nord, n’ont jamais pu être soumis.

La frontière de l’empire romain suivait à peu près le cours du Rhin ‑ qui n’est plus tout à fait le cours du fleuve actuel. À l’époque, il passait, justement, près de Leiden et se jetait dans la mer du Nord près d’un village de pêcheurs des environs, Katwijk. C’est dans ces environs qu’on a retrouvé des forts, et une grande quant

Autel pour la déesse Néhalenna, protectrice de la Zélande.

ité d’objets, romains ou bataves, qu’il s’agisse d’ustensiles quotidiens, d’objets rituels ou bien d’armes, d’armures ou d’autres objets militaires. Et on a pu voir, à l’aide de ces différents objets, comment l’influence des Romains s’est étendue à travers le pays occupé jusque-là par les Bataves ‑ depuis Nimègue, première ville des Pays-Bas et première ville romano-batave (l’Oppidum Batavorum de Tacite, qui doit son nom au gaulois Noviomagus), jusqu’à la mer du Nord et même jusque chez ces récalcitrants Frisons.

Le casque d’or mystérieux. RMO.

Certains objets, bien sûr, sont entourés de mystère. Tel ce casque d’or, trouvé avec des chaussures dépareillées (mais du dernier chic) et d’autres éléments épars dans un marais. Le militaire s’est-il noyé là-dedans ? Mais aucun ossement, ni humain ni animal, n’a été retrouvé là-bas. A-t-il jeté ses affaires après avoir quitté l’armée ? Mystère, mystère…

RMO, Musée National des Antiquités, Leiden. Pour les details pratiques, cliquer ici.

Il y a et il y aura bientôt tout plein d’autres belles choses à voir. Je vous en parlerai très prochainement, tout comme je reviendrai plus longuement sur les expositions mentionnées. Un tout petit peu de patience…

 

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