Une exposition exquise

Célébration des 10 ans de Voorlinden

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Informations pratiques: cliquez ici

Martin Creed, Work no. 1562, photo ©Peter Hamelinck

Alors, de quelles icônes s’agit-il? Depuis l’entrée, on aperçoit déjà les « Cerisiers en fleurs » de Damien Hirst, un triptyque dont le titre dit exactement ce qu’il y a à voir. Les oeuvres qui l’entourent, on ne les découvre qu’en entrant dans la salle. Mais en fait, l’exposition commence dès l’entrée. Au mur, une «promesse d’aimer » pathétique de Tracey Emin, « I promise to love you », « écrit » en lettres de néon rouge, entourées d’un coeur également en néon rouge. Et par terre, une femme nous crie son désespoir, on l’entend avant de la voir, c’est une vidéo minuscule d’une femme toute nue (l’artiste elle-même, Pipilotti Rist) appelant au secours au milieu d’un champ de lave. Un spectacle assez désolant; mais n’empêche, son emplacement et ses dimensions, contrastant avec l’intensité de l’appel au secours, nous font sourire.

Tracey Emin: « Je promets de t’aimer »; photo ©JW

Alors, entrons dans la première salle. En face du Hirst, que maintenant on peut admirer dans toute sa splendeur, l’une des araignées de Louise Bourgeois – ou plutôt deux, car il s’agit d’une de ses araignées doubles, la mère et la fille – c’est du moins ce que j’imagine – tendrement (?) enlacées… Dans une autre salle, une des grandes citrouilles à pois de Yayoi Kurosama. Si vous n’aviez pas encore réfléchi aux implications du titre de l’exposition, cela doit être clair comme de l’eau de roche à présent. Et ça continue! Je nommerai, en vrac, un Andy Warhol, un gigantesque Ron Mueck ainsi que la minuscule souris de Ryan Gander récitant d’une voix d’enfant une variation du discours de Charlot dans Le dictateur; puis un Gerhard Richter, un Etel Adnan ensoleillé, un Daniel Buren en deux dimensions, et j’en passe… Et, au milieu de tous ces contemporains, un Monet, un Matisse, trois tableaux de Miró qui forment un tout – et un Léger. Et, croyez-moi, ces oeuvres-là fondent parfaitement dans l’ensemble – et tout est éclairé à la lumière du jour, soulignons-le. Et bien sûr, il y a d’autres icônes, Anish Kapoor, David Hockney, Roy Lichtenstein, Jan Schoonhoven – et j’en passe…

Premier plan: Louise Bourgeois, Spider Couple , 2004
Louisiana Museum of Modern Art, Humlebaek,
Denmark. ©Pictoright 2026. À droite: Damien Hirst, Hidden Secret Blossom , 2019. Collection museum Voorlinden
© Damien Hirst and Science Ltd. All rights reserved, DACS 2026
photo Antoine van Kaam

À l’extérieur, une oeuvre supplémentaire et toute neuve, de Giuseppe Penone. L’ensemble est imposant, et surtout réjouissant. Parce que les « icônes » exposées dans un agencement parfait, non seulement sont vraiment des oeuvres importantes, mais surtout qu’elles font plaisir à voir. Une exposition digne d’un dixième anniversaire. Et qui m’a remplie de joie.

Yayoi Kusama, Pumpkin, 2009. Coll. musée Voorlinden. Au fond, Etel Adnan, Le Soleil Toujours. ©Photo JW

Le musée Voorlinden – sis dans un vaste domaine qui s’étend jusque dans les dunes – a donc été créé il y a dix ans, à partir de la collection d’art contemporain d’un des « barons » de la chimie, Jo van Caldenborgh.

Susanne Swarts, la directrice, gérait déjà la collection avant qu’il ne soit question d’en faire un musée. Elle est de ceux qui ont pensé le musée et le bâtiment qui le contient jusque dans les moindres détails. Dans sa présentation aux journalistes, elle en mentionne plusieurs, qui vont des dimensions des portes-fenêtres au savon des toilettes, en passant par le sous-sol où sont réunis tous les éléments de la climatisation; sans oublier le jardin, oeuvre d’art à lui tout seul, dessiné par le paysagiste-jardinier Piet Oudolf, et admirable en toute saison. C’est sur ce jardin que s’ouvrent les grandes baies du musée, où partout pénètre la lumière du jour aussi grâce aux plafonds de verre. C’est un bâtiment qui respire la légèreté, tout en étant d’une solidité, d’une sécurité à toute épreuve.

Leandro Erlich (1973), Swimming Pool, 2016, Collection museum Voorlinden. Photo: Antoine van Kaam

Retour aux icônes. il n’y en a pas seulement dans l’exposition temporaire; la collection permanente de Voorlinden comprend aussi quelques pièces, disons à succès: la piscine (« magique ») de Leandro Erlich, les mini-ascenseurs de Maurizio Cattelan ou au contraire l’immense « Open Ended » de Richard Serra, un labyrinthe d’acier dans lequel on peut se perdre, sans oublier l’horloge, en apparence magique (« Real Time Grandfather Clock »), de Maarten Baas ou le « Skyspace » de James Turrell, tous fascinants. Ces oeuvres sont elles-mêmes des icônes qu’adorent petits et grands – moi aussi. On lui souhaite encore beaucoup d’anniversaires à venir.

Plus d’images dans la section anglaise

Informations pratiques

Voorlinden, Buurtweg 90, 2244 AG Wassenaar. Depuis la gare centrale de La Haye (Den Haag Centraal), il y deux lignes de bus (direction Leiden), 43 et 44; descendre à l’arrêt Wittenburgerweg ; ensuite, il y a une bonne vingtaine de minutes de marche. Directions générales : cliquez ici.

Le musée est ouvert tous les jours, y compris les jours fériés, de 11:00 heures à 17:00 heures. Prix: adultes : € 24, jeunes de 13 à 18 jaar: €12, enfants jusqu’à 12 ans compris : entrée gratuite.
ICOM (pass pour professionnels de musées): € 9,50. Carte de presse : gratuit sur rendez-vous press@voorlinden.nl.

Tous les samedi et dimanche matins, il y a des séances ‘‘Silence on Socks’’ (« Silence en chaussettes »), pour les visites en silence. Pour plus d’information: appuyez ici.

Tous les mois, il y a des concerts de musique classique, donnés par de jeunes musiciens : Voorlinden Classic.

L’exposition « Célébration des icônes de l’art » se termine le 7 mars 2027.


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English version

Icons galore

An exhibition worthy of Voorlinden’s 10th anniversary

I have seen quite a few exhibitions. Some were lovely, some admirable, others even exquisite – but I have seen very few that were all of this. And that, exactly, is the case for the exhibition that just started at Voorlinden (near The Hague, in The Netherlands), ‘Celebrating the icons of art’.

Etel Adnan, Le Soleil Toujours,2021, Coll. musée Voorlinden. ©Photo JW

So, which icons are we talking about? From the entry hall, one gets already a glimpse of Damien Hirst’s ‘‘Hidden Secret Blossoms’’, a triptych full of cherry blossoms, not hidden at all.

Actually, the exhibition starts right at the entry of the museum. On the wall, a fiery ‘‘ I promise to love you’’ by Tracey Emin, in red neon letters and surrounded by a red neon heart. At the other side of the hall, a woman cries in despair, we hear her before we see her. It’s a minuscule video on the floor showing (if one can see it) a naked woman (the artist herself, Pipilotti Rist) surrounded by lava, cries for help. It’s all very sad, but the miniature image contrasting with the loudness of the desperate voice makes us smile somehow – we’re looking at a play, not a real situation.

Ron Mueck, Boy , 1999
ARoS Collection
c/o Pictoright, Amsterdam, 2026

So, let’s enter the first room. Now, we can admire the Hirst in all its splendor, and when we turn around, we are face to face with one of Louise Bourgeois‘ huge spiders – or rather, two spiders, mother and daughter, in a tender (?) embrace…

In another room, one of Yayoi Kurosama’s big, polka dot pumpkins. If until now you didn’t think too much about the meaning of ‘‘Celebrating the icons of art’’ , it must be clear now. And it goes on! And on! I will name, without any particular order, an Andy Warhol, a huge (really huge!) Ron Mueck as well as Ryan Gander’s little mouse reading with its little girl’s voice Charlie Chaplin’s speech from The Dictator; there is an admirable Kiefer, a sunny Etel Adnan, a two-dimensional Daniel Buren, and more… And in the middle of all these contemporary works, a Monet, a Matisse, a triptych by Miró, a Léger… And, believe me, they go perfectly with the contemporary works that surround them.

Left: Howerdena Pindell, Oceanic Underwater, 2025; right: Claude Monet, Wisteria, 1917-1920, Coll. Kunstmuseum, Den Haaag. Middle: Roni Horn, Untitled, 2012-2013, coll. Museum Voorlinden. ©Pictoright, 2026

Outside, there is yet another, new work, by Giuseppe Penone. The whole is impressive and, moreover, delightful. These ‘‘icons’’ exposed here in a perfect harmony are important works of art, and moreover, they are a joy for the eye. It’s an exhibition worthy to celebrate a tenth anniversary.

The Voorlinden museum – built on a vast estate which stretches out as far as the dunes – was created in 2016, based on the vast collection of modern art of Jo van Caldenborgh, who made his fortune in the chemical industry. Susanne Swarts, the director, curated this collection’s even before the idea of a museum arose. And she kept a close eye on the museum as it was built; every single detail was taken into account. Susanne Swarts mentions several of these aspects, from the dimensions of the doors to the soap in the washrooms, and – very important – the basement, where the airconditioning is tuned up. And let’s not forget the garden, a work of art in itself, created by landscape gardener Piet Oudolf, admirable in all seasons. The museum rooms offer a view of the garden and the surrounding fields, while daylight is also coming in from the glazed rooftop. It’s a building that somehow breezes lightness.

Richard Serra (1938-2024), Open Ended, 2007-2008, Coll. museum Voorlinden, photo Antoine van Kaam, c/o Pictoright Amsterdam, 2026
Foto: Antoine van Kaam

And now, back to the icons. There are some, too, in the permanent collection of Voorlinden, to begin with Leandro Erlich’s ‘‘magic’’ swimming pool, Maurizio Cattela’s mini-lifts or – at the opposite – Richard Serra’s huge steel structure called ‘‘Open Ended’’ labyrinth, in which you can all but get lost. And let’s not forget Maarten Baas’ ‘‘magic’’ clock (‘‘Real Time Grandfather Clock’’) or James Turrell’s ‘‘Skyspace’’. These are art works ‘‘everybody’’ loves, grown-ups and children alike – including me. And it’s probably these icons – be they permanent or temporary – that make visitors come back.

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Practical information

Voorlinden, Buurtweg 90, 2244 AG Wassenaar. From the Central Station in The Hague (Den Haag Centraal), you can take two buses, either 43 or 44; leave the bus at the stop called Wittenburgerweg ; then walk, about 20 minutes. General directions : click here.

The museum is open every day, bank holidays included, from 11:00 am to 5 pm. Tickets: adults: € 24, teenagers aged 13 to 18 years old: €12, children under 13: free.
ICOM (pass for museum professionals): € 9,50. Press card: free, but an appointment is compulsory : press@voorlinden.nl.

Every Saturday and Sunday mornings, ‘‘Silence on Socks’’, for sensory-friendly visits. For more information, click here.

Every month, young musical talents play a special classical composition in the auditorium of the museum during Voorlinden Classic.

The exhibition ‘‘Celebrating the Icons of Art’’ ends 7 March 2027.

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