PAN ! Premières impressions

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Difficile de résumer le grand marché d’art qu’est PAN Amsterdam, si ce n’est par des superlatifs, et tout d’abord par le mot beaucoup. Il y a beaucoup, beaucoup d’œuvres d’art en vente, et beaucoup de galeries représentées ici. Il y a beaucoup de genres différents : cela va de l’art contemporain – sous toutes ses formes et avec tous les matériaux – à celui de l’ancienne Égypte et vice versa. Et il y a aussi beaucoup, beaucoup de monde (10.000 rien que pour le 1er weekend…). Des marchands, des collectionneurs, des journalistes, des curieux, des amateurs d’art, et même des artistes.

Bref, on ne sait où donner de la tête. Mes impressions vont dans tous les sens. Je vais vous les donner en vrac, il y en aura d’autres ces jours-ci. Car cette grande manifestation internationale durera jusqu’au 27 novembre, et c’est comme aux Galeries Lafayette (pour qui se souvient de cette pub) : tous les jours, il se passe quelque chose.

Alors, je vous présente mes coups de coeur, suivant mes pérégrinations à travers les stands des galeries.

Découvertes

Tout d’abord,  une découverte : Les deux garçons. J’ai des trous dans ma culture artistique, je le reconnais. Sous ce nom-là, je ne connaissais que le fameux café du Cours Mirabeau à Aix-en-Provence – qui n’existe plus, hélas. Mais bien avant sa disparition, le nom a été adopté par un duo d’artistes d’Amsterdam.

D’emblée,  dès l’entrée de la PAN, on voit le stand de la galerie Jaski. On voit un Warhol,  des Appel et d’autres peintres Cobra (Constant, Alechinsky…), formidables, bien sûr. Blasé(e), on se dit pourtant : Bof, je connais… Et puis, l’œil tombe sur des petites souris, un singe, d’autres animaux, aux accoutrements étranges et dans des situations loufoques. Et c’est l’étincelle.

Après, on apprend que ces animaux ont été des animaux vivants, que la sculpture qu’on admire est basée sur la taxidermie. Après un premier mouvement de recul, on se dit : Qu’importe. Cela leur donne une seconde vie, à ces pauvres bêtes trouvées mortes quelque part. Grâce à ce tandem d’artistes, ils sont dorénavant Monsieur Churchill, Le Baron de Münchhausen, ou King Kong en Cognito.

Retenez les noms de ce tandem : Michel Vanderheijden van Tinteren (1965) et Roel Moonen (1966). Ou simplement Les deux garçons, puisque c’est leur nom d’artiste…

Autre tandem : les photographes français Yves Marchand et Romain Meffre. Marchand & Meffre sont représentés à PAN par la galerie Fontana, qui met surtout en avant leur nouveau livre « Movie Theaters », sur les beaux vieux cinémas des États-Unis, ceux des débuts de la cinématographie, qu’on a parfois surnommés  » les Cathédrales du cinéma « . Cependant, parmi les photos au stand de Fontana, il y en a une qui me plaît encore plus. C’est celle qui montre un paysage de toits de Paris – dont le toit de la Samaritaine. Je n’y peux rien, je craque. (Ici on voit un détail.)

Encore un coup de coeur – et un voyage dans le temps : un tableau de Jacob Cuyp (1594 – 1651, père du paysagiste Albert Cuyp, plus connu). Il est daté de 1647, et représente une petite fille aux joues roses. On lui donnerait le Bon Dieu sans confession, rien que pour son petit sourire espiègle et ses yeux ronds. Mais attention ! À y regarder de près, elle n’est peut-être pas si gentille que ça. De la main gauche, elle traîne un petit chat par une patte. Le petit chat n’est pas content, mais pas du tout du tout. Er d’autant moins que dans la main droite, la petite tient un poisson, qu’elle écarte du chat…. Ah, mais elle est méchante ! Et là, on s’aperçoit que le petit sourire, il est peut-être plus malicieux que gentil….

 » Quand au XVIIe siècle, on représente un enfant faisant des bêtises ou des méchancetés, c’est toujours un garçon « , m’a fait remarquer le galériste, Lawrence Steigrad qui, tout Newyorkais qu’il soit, a une admirable collection de maîtres hollandais de l’Âge d’or. « Ce qu’on voit ici, c’est l’exception – et, pour l’époque, c’est le comble de l’émancipation. » Pourtant, si j’étais la mère de la petite, je la gronderais, et je libérerais le petit chat. Mais en même temps, je me dirais qu’elle irait loin, ma petite malicieuse, et qu’elle saurait se défendre dans la vie…

Voyages à travers le temps

Faisant des pas de mammouth à travers le temps (à propos, j’ai vu une patte de mammouth, quelque part à PAN), j’en arrive à l’Égypte antique, au stand de Mieke Zikverberg. Et là encore, il y a de quoi se régaler. Ce qui est étonnant, c’est qu’ici, à cette foire, on peut s’approcher des pièces exposées à un point… Incomparable à la distance à respecter (à juste titre) dans les musées. Photographiant un masque grec, je pouvais en sentir l’odeur. Une odeur de vieille pierre, un peu humide, rappelant le salpêtre. Sensation curieuse, qui du coup renforce l’idée d’un voyage à travers le temps…

Qu’ai-je vu encore? Beaucoup de choses, trop pour les nommer toutes.  De beaux objets art nouveau, des guéridons de Gallé, une lampe de table de Charles Schneider (prix : €9.500,-). Des paysagistes hollandais du XIXe siècle,  Mauve, Roelofs, Jacob et Willem Maris, Jongkind, Weissenbruch…. Et j’en passe, et j’en oublie. Breitner aussi, Isaac Israels. Louis Apol, pour qui j’ai un faible. J’aime ses paysages d’hiver, qui – à tort ou à raison – me font penser aux paysages d’hiver de David Hockney. (Tiens, justement, à l’exposition Hockney au musée Teylers, on a entouré certaines œuvres de Hockney de paysagistes du XIXe siècle  – parmi lesquels,  comme par hasard,  Louis Apol.)

Femmes peintres

Et il y a des femmes. Enfin. Aux Pays-Bas comme en France, il y avait – au XIXe siècle comme avant et après  – d’excellentes femmes peintres, mais jusqu’à peu, on ne les voyait guère. Et là, je vois pas mal de Suze Robertson et de Thérèse Schwartze (ci-dessus: un détail de sa Harpiste) et les œuvres sont bien mises en évidence. Au fait, le prix Thérèse  Schwartze sera remis à Ine van Zyl (1971), artiste d’origine sud-africaine, par Marlene Dumas, également d’origine sud-africaine, et qui reçut le prix, elle, en 1989.  Je n’ai pa encore vu Henriette Ronner ni Sientje Mesdag (ni Rosa Bonheur, Berthe Morisot, SuzanneValendon, pour ne nommer que celles-là), mais ça ne prouve pas qu’elles ne sont pas là. Cette foire est immense…

Dans les jours à venir, je vous parlerai de mes autres coups de cœur et de nouvelles découvertes…


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Discoveries at PAN Amsterdam 2022

During the next days, I’ll share more discoveries with you, some of which made my heart beat faster…

It’s not easy to summarise one’s impressions at PAN Amsterdam 2022. This art fair is so huge… and there are so many art works, so many styles, there’s a lot of everything. Paintings, Sculptures, drawings, etches, photographs, neon, tapestry, in short all sorts of visial arts, ancient and contemporary. There is design, old, new, art nouveau, art déco. There are antiquities, archeology, I even noticed a mammoth’s leg…

Among of the first  discoveries I made at PAN are the artist duos Les deux garçons and Marchand & Meffre. First Les deux garçons,  real names Michel Vanderheijden van Tinteren (1965) et Roel Moonen (1966). Their work, at the impressive Jaski gallery, strikes by their originality and humor. You see mice, a monkey, a bunny, disguised as funny humans – they reminded me of The Wind in The Willows, and Mr Toad recklessly driving his car. Knowing how these ‘sculptures’ are made (with the help of taxidermy), you might find them a bit spooky. But the animals were not killed on purpose, and this treatment gives them a second life, as Monsieur Churchill, Le Baron de Münchhausen, ou King Kong en Cognitoll…

As to Yves Marchand et Raoul Meffre (at the Fontana gallery), they are French photographers who work a lot in the US, where they pictured in particular old movie theatres, those from the very beginnings of film, sometimes called « Movie Cathedrals ». But they work in their home country as well, and I fell in love with a photograph of the roof of the old Samaritaine department store…

What else? A little girl , painted in 1647 by Jacob Cuyp (the father if landscape painter Albert Cuyp, who is more famous). Hardly older than a toddler, this most innocent looking girl with rosy cheeks is actually very naughty. She is dragging a little cat (who is not happy, to say the least), while keeping a fish away from him… « This scene is most exceptional for a 17th century painting « , Lawrence Steigrad, the gallery owner, told me. « In thise days, naughty children in paintings are always boys. This is a kind of emancipation… »

Speaking of which…. There are more women artists represented at PAN than we used to see in the past (although men are still the vast majority). Not only contemporary artists (I’ll just mention Marlene Dumas and Claudy Jongstra), but also 19th and early 20th century artists, who are being rediscovered (like Rosa Bonheur in France). There are quite a few Thérèse Schwartze, for instance, and even Suze Robertson, who for quite a while was ‘forgotten’ altogether. And, by the way, there is now more publicity also around the Prize Thérèse Schwartze, which was awarded to Ine van Zyl (1971), of South-African descent like Marlene Dumas – who was awarded this prize in 1989, and is to hand it to Ine van Zyl today.

I’ve seen quite a few women who are gallery owners, or representatives. Of course, women have played an important role in promoting contemporary art for decades. Some of the most influential gallery owners (like Louise Leiris) are and were women. One prominent and well-known gallery owner at PAN is Mieke Zilverberg. She is not into modern art, however. Her main specialism is ancient Egypt, and I must say, she has an extraordinary collection. I’ll only mention the portrait of a woman, one of the earliest portraits ever painted, and an actual sarcophagus…

I’ve seen quite a few women who are gallery owners, or representatives. Of course, women have played an important role in promoting contemporary art for decades. Some of the most influential gallery owners (like Louise Leiris) are and were women. One prominent and well-known gallery owner at PAN is Mieke Zilverberg. She is not into modern art, however. Her main specialism is ancient Egypt, and I must say, she has an extraordinary collection. I’ll only mention the portrait of a woman, one of the earliest portraits ever painted, and an actual sarcophagus…

These objects make us really travel through time – and this is what one does continuously at PAN. You wander from the 17th century to contemporary art, from ancient Egypt to art déco furniture, from etchings by Rembrandt to a 20th century landscape by Armamdo, just across the corridor.

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