Paysage changeant

L’évolution du paysage au cours des siècles
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Semâ Bekirovic : All that is solid (Tout ce qui est solide), 2024. Video, 11:59 min. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Tourbière à Deurne. Photo coll. Nederlandse Heidemaatschappij.

Ces changements sont plus marqués dans certaines région que dans d’autres. Le Noordbrabants Museum, à Bois-le-Duc, très ancré (et c’est une bonne chose) dans sa province du Brabant septentrional, a pris pour exemple « sa » province, et plus particulièrement la région autour de Bois-le-Duc. Où sont passé les moutons et leurs bergers ? Les landes où ces bêtes broutaient ? Quid des tourbières, des marais d’antan? Mais ses constatations valent pour toute l’Europe, voire pour le monde entier.

Avant et après…

Avez-vous vu comment, par exemple, les côtes bretonnes ont changé ? Je me souviens de Kerfany-les Pins, dans le Finistère Sud, au début des années 1960. Trois pêcheurs, un facteur, quelques agriculteurs – et une vingtaine de résidences secondaires, plus une petite auberge sur la côte. Une vingtaine d’années plus tard, c’était devenu une station balnéaire populaire, mentionnée dans Le Routard et et tous les autres guides, et où l’on loue des AirBnb comme des chambres d’hôtel luxueuses…

Capture d’écran d’une petite partie des images vantant le séjour à Kerfany-les-Pins …

Autre exemple : le Lubéron, jadis un terrain assez aride, en partie sauvage, où broutaient des chèvres et des moutons, et où l’on cultivait la lavande et des arbres fruitiers. La région a attiré d’abord un certain nombre d’artistes et d’intellectuels parisiens qui achetaient et retapaient les bicoques tombées en ruine ; ensuite, dans le sillage du TGV, ont suivi les Anglais qui ont claironné haut et fort la beauté de ces villages perchés… Et à présent, on y trouve des hostelleries jusque dans les hameaux les plus reculés. En même temps, le paysage est devenu plus vert, mais les cours d’eau sont secs l’été.

Le Lubéron en 2024. Photo Bente Appelhof
Catastrophes
David Claerbout, Wildfire (Meditation on Fire), 2019-2020. Vidéo en collaboration avec Musées de Brugge. avec l’aimable autorisation de l’artiste et des galeries Annet Gelink et Greta Meert.
Du XIXe siècle…

Petit à petit, on voit ce paysage changer, avec l’industrialisation qui s’intensifie au fur et à mesure. Et, en alternance avec ce qui paraît encore assez idyllique, des vidéo de catastrophes « naturelles », un feu de forêt, un film sur Bambi dans une version – basée sur le livre original – qui se termine mal, un paysage apocalyptique. Les rideaux séparant les (parties de) salles changent de matière, deviennent synthétiques, comme ceux qui entourent des échafaudages, par exemple. Petit à petit aussi, les photos remplacent les peintures.

Josephus ou Mattheus Knip, Vue de Bois-le-Duc avec pêcheurs d’anguille, 1825, Noordbrabrants Museum.
… au XXIème…

Des oeuvres contemporaines montrent – entre autres – des gens en action. Un tableau de l’artiste Erik van Lieshout met en scène des paysans qui très clairement ne sont pas contents. Une vidéo (2022) de Cynthia Hathaway montre une « Wool-March », une « marche de la laine » : un troupeau de moutons traverse les rues d’un village ou d’une ville, pour protester contre la disparition, dans l’usage quotidien, d’un excellent produit comme la laine, au profit de fils synthétiques. C’est vrai, se dit-on en voyant ces images, et c’est complètement idiot. Pourquoi donc cette évolution ? Et peut-on la retourner ?

Cynthia Hathaway, Wool March (« Marche de la Laine), 2022. Video, 3:51 min. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

C’est ainsi que « Veranderland » (néologisme qu’on pourrait rendre par « paychange » , paysage changeant) fait réfléchir sur ce paysage dans lequel on vit, et celui dans lequel vivaient nos ancêtres… ainsi que, peut-être, celui du futur. Je me rendais compte, en me baladant à travers ces salles, que régulièrement, ma pensée s’envolait en suivant des méandres qui l’emmenait loin, loin de l’endroit où je me trouvais physiquement. Mais n’était-ce pas, justement, le but de cette exposition : faire réfléchir? Alors, bravo, Floris van Alebeek et Helewise Berger, commissaires à l’exposition, pour avoir amplement réussi sur ce point. Le musée se propose de continuer à travailler sur les relations entre la culture et la nature, entre l’être humain et son environnement. J’attends la suite avec intérêt.

Il y a un « Podwalk » qui vous guide à travers l’exposition et vous fournit des informations supplémentaires (en néerlandais ou en anglais). Mais vous pouvez le visiter aussi, bien sûr, de façon « autonome ». Photo Jan-Kees Steenman.
Informations pratiques

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English summary

Changing landscapes

Two works by the Dutch artist Erik van Lieshout. Untitled (2024), left, and Hay sculpture (2023, Photo Jan-Kees Steenman). This sculpture also exists in an ‘outdoor’ version, changing with the seasons, and due to disintegrate, eventually… The painting, though ‘untitled’, allows no doubt about the subject: protesting farmers, like those we have seen throughout Europe these past times…
The entry to the exhibition. The curtains are made of jute, of old associated with rural activities. Photo Jan-Kees Steenman

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