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English summary : click here

Je suis un artiste. Point. Non, mon art n’est pas du Land Art. Ceux qui en font utilisent des pelleteuses et déplacent du terrain. »
C’est la réaction de Richard Long – actuellement au Rijksmuseum d’Amsterdam – au terme de Land Art. S’il y a un terme qu’il déteste, c’est bien celui-là. Et pourtant – s’il y a un terme dont dont « on » définit son art, c’est bien Land Art. Il est difficile de le définir autrement, si tant est qu’on doit le définir. Richard Long travaille avec les matières qu’il rencontre au cours de ses longues randonnées : de gros cailloux, des morceaux de roche ou de bois – ou de l’herbe, tout simplement.
(Ci-contre : Richard Long, Life Line / Ligne de vie, 2023. Photo Jacqueline Wesselius.)

Ainsi, il laisse, non, il FAIT des traces dans le paysage, par définition éphémères, il les prend en photo, et parfois, ces photos sont les seules « preuves » de son œuvre d’art. Ces œuvres, il les trace l’aide de tout ce qu’il trouve sous la main… ou sous le pied. Car comme il le dit lui-même, très souvent, il travaille avec les pieds. En arpentant un bout de terrain, qui peut être plus ou moins grand. Cela peut être un désert, une montagne, un sentier longeant une rivière – ou encore la pelouse du jardin d’un musée, comme ici le Rijksmuseum à Amsterdam.
(Ci-contre: Photo ©Jacqueline Wesselius)

Richard Long (né le 2 juin 1945 à Bristol) est, comme je l’ai dit, un marcheur. Il a couvert un nombre incalculable de kilomètres à travers le monde – de l’Amérique du Sud au Japon, du Népal à l’Oregon, de la Provence au fin fond de l’Écossse. En marchant, il déplace des pierres, marque un sentier ou un bout de terrain – meme une plage parfois – ou bien construit une figure géographique, souvent des cercles, ou des demi-lunes.
(Ci-contre : Richard Long, Snake in the Water / Serpent dans l’eau, 2023. Photo ©Jacqueline Wesselius)
Les pierres, les morceaux de roche, font partie de ses matériaux « naturels » : il les trouve sur son chemin au cours de ses randonnées. Mais parfois, les pierres viennent d’un peu plus loin, comme celles montrées ci-contre : elles proviennent de l’embouchure de la Meuse, là où elle se jette dans la Mer du Nord. Ainsi, elles sont quand même « locales », même si le fleuve les a transportées sur une grande distance. La façon dont Richard Long les dispose, est aussi – en partie – fonction du lieu où se trouve l’oeuvre d’art. Même si Richard Long répète certains motifs, c’est toujours avec des variations.
(Ci-contre : Richard Long, Maas Riverstones Cicle, 2023. Photo © Jacqueline Wesselius)


C’est que chaque geste, chaque tracé, est délibéré. Quand Richard Long est au travail, son attention est entièrement centrée sur l’œuvre en train de se créer, disent les deux commissaires de l’exposition, Frits Scholten, du Rijksmuseum, et Alfred Paquement, ancien directeur du Centre Pompidou. Rien n’est laissé au hasard, pas même la hauteur de l’herbe entourant l’œuvre d’art, ou l’entretien de la pelouse.
(Ci-contre : Richard Long, River of Stones, 2018/2023. Photo © Jacqueline Wesselius)
Dans la même veine, tout ce qu’il fait a un sens. Par exemple, la « rivière de pierres » montrée plus haut, bien que créée en Inde à l’origine, symbolise pour lui les méandres de la rivière Avon, au bord de laquelle il a vécu toute sa vie.
(Ci-contre : Richard Long, au Rijksmuseum d’Amsterdam, le 23 mai 2022. Photo © Jacqueline Wesselius)

Ne manquez pas cette exposition, la dixième dans la série estivale des sculptures dans les jardins du Rijksmuseum, après (dans le désordre) Moore, Calder, Miró Dubuffet, Penone, Chillida, Hepworth, Bourgeois, et Kelly. C’est gratuit, en plus, tout comme la biënnale de sculptures Art Zuid.
plus d’images dans la section anglaise
informations pratiques
« Sporen in het landschap » (Des traces dans le paysage). Exposition d’oeuvres de Richard Long. Jardins du Rijksmuseum, Museumstraat 1, 1071 XX Amsterdam, Pays-Bas. Accès gratuit, tous les jours de 9 h à 18 h. Pour voir les oeuvres à l’intérieur du musée (jusqu’à17 h), il faut acheter un ticket. Jusqu’au 29 octobre 2023. , Tours guidées en néerlandais et en anglais.
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English summary
Traces made by walking

Land Art? Oh no. My work is not Land Art. What it is? Art. I am an artist. Not a Land Artist. Land Artists use bulldozers. » It’s clear. Richard Long’s reply to the question whether he considers his Art as Lamd Art leaves no room for doubt whatsoever. And yet… how to define his art otherwise? Unless it doesn’t need to be defined. It’s art. There you are.
(Photo © Jacqueline Wesselius)
Richard Long (born 2 June 1945 in Bristol) is a walker. He walks miles and miles, in Scotland, in Nepal, in the Sierra Nevada, in the West of the United States, or in the South of France. You name it. And that is where he creates and leaves his works, often ephemeral, like a shape in the lawn – and precisely that, among other things, is what he created in the gardens of the Rijksmuseum in Amsterdam.
(Shown here: Richard Long, Life Line, 2023. Photo Jacqueline Wesselius)


This year, for the tenth edition of the Rijksmuseum’s annual summer exhibition of sculptures in its gardens, Richard Long made eight art works, six of which are new creations. And even the other ones, like the River of Stones (first created in New Delhi, 2018) shown here – inspired by the meandering River Avon near which he lived all his life – show variations on earlier versions.
(Photo ©Rijksmuseum/Jannes Linders.)
You might think that an artist working mainly with his feet isn’t too precise as to where and how he leaves his traces. But the opposite is true as far as Richard Long is concerned. His concentration is extreme, his work extremely precise, say both curators of this exhibition, Frits Scholten (Rijksmuseum), and Alfred Paquement (former director of the Centre Pompidou). He even wanted to know the quality of the grass on the lawns of the Rijksmuseum, and the way it was maintained, they add. All this may influence his art.
(Shown here: Richard Long, Sea of Dreams, 2023. Photo © Rijksmuseum/Jannes Linders)

more images in French section
Don’t miss this exhibition, if you happen to be around. It’s the tenth summer sculpture exhibition innrhe gardens of the Rijksmuseum, after (in no particular order) Moore, Calder, Miró, Dubuffet, Penone, Chillida, Hepworth, Bourgeois, and Kelly. It’s free, like the sculpture biennale Art Zuid. And there are guided tours in English, too. Here, you’ll find a link to a podcast (in English, but beginning in Dutch) consisting mainly of an interview with Richard Long, by curator Mels Evers.
Practical information
« Sporen in het landschap » (Traces in the countryside). Exhibition of works by Richard Long. Gardens of the Rijksmuseum, Museumstraat 1, 1071 XX Amsterdam, Netherlands. Entry free, every day from 9 am to 6 pm. Guided tours in Dutch and in English. To see Long’s works inside the museum building (until 5 pm), you have to buy a ticket. Until 29 October 2023.
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