Les habits de l’Empereur

Monumenta 2011
Le Léviathan vu de l'intérieur

 

C’était de la folie douce. Faire un aller-retour Amsterdam-Paris dans la journée, rien que pour voir le ‘Léviathan’, dernier oeuvre d’art d’Anish Kapoor, au Grand Palais. Trois jours avant la fermeture définitive. Voir ce que plusieurs centaines de visiteurs avaient, selon le communiqué de presse, déjà admiré – les critiques, en tout cas, étaient dithyrambiques. Fallait pas manquer ça!

Alors nous voilà en route, mon amie M et moi, avec des billets Thalys hors de prix, à cause du moment tardif de notre décision. Moins de 4 heures après le départ, nous voici dans le ventre de la baleine. On avait vu les photos, d’un rouge écarlate, dans laquelle la ‘peau’ de la ‘bête’ laissait quand même transparaître la structure métallique du toit du Grand Palais. Spectaculaire.

Malheureusement, le 20 juin était une journée couverte, pas de soleil, pas de lumière artificielle non plus – et pas de transparence. Une structure aux contours vagues, sombre, à visibilité réduite, dans laquelle se déplaçaient un grand nombre de personnes qui prenaient des photos – de quoi?

Certains visiteurs s’allongeaient contre la ‘peau’ de la ‘bête’. Nous avond fait de même. Étrange sensation, car la ‘peau’ était beaucoup plus proche qu’on ne l’imaginait. ‘Est-ce que tu éprouves une sensation de spiritualité?’ demanda M, qui s’était documentée plus que moi, entre autres en assistant à une conférence sur le sujet. ‘Non’, lui répondis-je. ‘Est-ce que ce serait comme les nouveaux habits de l’Empereur?’ suggéra-t-elle. ‘On le dirait bien!’ acquiescai-je.

Nous sommes sorties de la bête, nous avons regardé l’extérieur, vu de la nef. C’était déjà mieux, il y avait une sensation d’espace, il y avait le contraste entre l’architecture de 1900 et la sculpture de 2011, entre l’immensité de la ‘chose’ et la taille des humains. Mais bon, de là à dire que c’était une expérience spirituelle… ou à s’extasier sur l’oeuvre d’art…

Le Léviathan vu de l'extérieur
Cette sculpture d'Anish Kapoor est censée rappeler la baleine de Jonas

 

 

 

 

 

Est-ce que cela valait le détour? Certainement. Le voyage? Certainement pas…

Du coup, nous sommes entrées au Musée Guimet, la plupart des autres musées dans les parages, le MAM de la Ville de Paris, le Palais de Tokyo et le Musée Galliéra etant tous fermés, tout comme le Petit Palais, où il y a une superbe expo sur les maîtres des tableaux de genre du XIXe s hollandais… Pratique: certains musées sont fermés le mardi, d’autres le lundi… On ne devrait pas venir à Paris ces jours-là…

Enfin, au Guimet, on a vu une exposition sur Lucknow. Cette ville de l’Inde du Nord m’a toujours fascinée, je ne sais pourquoi, c’est peut-être le nom, tout simplement, ou l’histoire des Mogholes. Et je ne connais pas l’Inde du Nord, encore moins l’Utar Pradesh, si pauvre aujourd’hui et si riche par le passé.

La Cour Royale de Lucknow en Inde
Scène de cour à Lucknow au XVIIIe s

On a vu quelques fort beaux objets, et beaucoup de tableaux, des portraits surtout, semblables les uns aux autres: même peintres (anglais, pour beaucoup), mêmes personnages… Cela nous a-t-il transportées à Lucknow, à l’époque des Mogholes? Bof… Cela nous a fait passer le temps.

Ce qui valait (presque) le voyage, par contre, c’était le repas pris ensuite au Terminus Nord. Cela fait des décennies que je connais cette belle et bonne brasserie en face de la Gare du Nord – et elle ne change guère. Heureusement. Alors, contentes malgré tout, nous avons repris notre Thalys vers les brumes du Nord…

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