A bord du Nordlys

Alors, qu’est-ce qu’on fait au milieu de la nuit sur un bateau norvégien? On surfe sur le web. On lit Le Monde. Et on écrit son blog.

C’est pas vraiment le bout du monde, Måløy, mais enfin, ce n’en est pas loin. Une île sur la côte Ouest de la Norvège, bien au-dessus de Bergen, un peu au-dessous d’Ålesund. Un village plutôt endormi, où l’on vit au rythme des bateaux qui arrivent et qui partent. On y vit de quoi? De la pêche sans doute, et un peu du tourisme – bien que l’office du tourisme se cache derrière une parfumerie et n’ouvre pas le samedi. Et les touristes, qu’est-ce qu’ils y font? De la pêche aussi sans doute, et puis de la marche, le tour de la colline qui surplombe le village, et le tour de l’île s’ils en ont le courage. C’est beau, oui, avec ces montagnes qui sortent quasiment tout droit de la mer.

Mais ce village a une vie secrète, une vie nocturne: c’est à ce moment-là que passent les grands bateaux de la Hurtigruten ("la route express") qui font toute la côte Ouest de la Norvège, jusqu’au Cap Nord. Et c’est là que le village s’éveille. Pas étonnant qu’il dorme dans la journée! C’est entre 3 et 5 heures du matin que les taxis vont et viennent, que le port prend vie. J’avais peur d’avoir du mal à trouver un taxi au milieu de la nuit pour m’amener au bateau – mais non, ici ils trouvent cela normal.

Et c’est ainsi que je me suis trouvée sur le quai à 4 heures du matin, sous une pluie fine. "On ne sait pas quand viendra le bateau," m’avait prévenu le chauffeur de taxi en me déposant. "Mais c’est un grand bateau, et il passera sous le pont," avait-il précisé en pointant vers le grand pont qui relie l’île à la terre ferme. Pendant un bon quart d’heure, j’ai scruté l’horizon – ou tenté de le faire, car il faisait nuit noire. Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Non, rien. Et encore, rien. Je me préparais à une attente plutôt longue. Le bateau avait sans doute du retard. Je m’attendais à le voir de loin, un grand éclat de lumière. Et puis, tout d’un coup, il était là, le mastodonte, silencieux ou presque. Il avancait vite, coque noire sur l’eau noire, juste quelques lumières tout en haut. Etonnamment agile pour un grand paquebot, il se glissa le long du quai. Et je m’apercus que le taxi m’avait laissée à l’endroit précis où la passerelle allait descendre.

A bord du Nordlys, tout le luxe auquel on peut s’attendre sur un paquebot. Salle de jeu, café internet – encore qu’il faille casquer pour y avoir accès, comme pour tout en Norvège. Mon crédit va tirer à sa fin. Et dehors, lentement, le jour se lève.

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